
Le henné, ou "djabi" en bambara, est un produit de beauté incontournable au Mali, particulièrement en cette période où les mariages sont abondants.
Utilisé par les jeunes femmes comme par celles d'un âge plus avancé, le henné occupe une place essentielle dans les coutumes maliennes, alliant modernité et tradition.
Le produit provient d'un arbre cultivé dans les régions chaudes du Mali. Les feuilles de cet arbre sont cueillies, séchées, puis réduites en une poudre verte. C’est cette dernière qui est utilisée pour préparer la pâte qui sera appliquée sur la peau ou les cheveux.
La préparation et l'utilisation du henné peuvent varier en fonction des régions et des traditions locales, mais son utilisation principale reste la décoration corporelle et la teinture des cheveux.
Au Mali, le henné est principalement utilisé pour orner les mains et les pieds. Les motifs dessinés sont multiples et très variés, allant des plus simples aux plus complexes. Lorsqu'il est mélangé à d'autres produits, le henné peut adopter des couleurs allant du rouge au noir, accentuant ainsi l'intensité et la richesse des dessins. Ce soin est particulièrement populaire chez les femmes lors des cérémonies de mariage, de baptême et pour les fêtes de Ramadan et Tabaski.
Le henné est également très prisé pour ses propriétés capillaires et dermatologiques. En effet, il est souvent utilisé comme alternative naturelle aux teintures chimiques pour colorer les cheveux. De plus, il est réputé pour ses bienfaits sur la peau.
Au-delà de son aspect esthétique, le henné possède une grande valeur symbolique dans les sociétés maliennes. Il est perçu comme un porte-bonheur et un symbole de protection. Dans le cadre des traditions maliennes et des pratiques islamiques, le henné est souvent associé à des bénédictions de bonheur, de prospérité et de sécurité.
La maîtrise des motifs de henné est devenue un métier au Mali, créant des opportunités économiques véritables pour de nombreuses personnes. Les professionnels du henné, tels que Batos, une jeune artiste de Sébénicoro, proposent leurs services à domicile ou dans leurs salons. Selon Batos, les prix varient de 2500 F à 10 000 F pour des motifs couvrant les deux mains et les deux pieds.
La valorisation de l'artisanat et la modernisation du secteur ont permis l'émergence de centres de formation spécialisés dans l'apprentissage du henné. Ces établissements permettent à des passionnés de se former et de perfectionner leur technique. Parallèlement, de nombreux particuliers organisent des ateliers de formation dans les quartiers à moindre coût.
Le henné est bien plus qu'un simple produit de beauté au Mali. C'est un symbole culturel, un vecteur de tradition et un métier porteur de développement économique. Entre art et spiritualité, le henné continue de traverser les générations, restant profondément ancré dans nos mœurs et coutumes.
Mariam Kouyaté pour NouvElles du Mali.